Expliquement

Le Trollblog de Trollune, la Boutique de l'Imaginaire à Lyon, pour parler en particulier de nos coups de coeur littéraires, mais pas que.
Trollune, c'est au 25 rue Sébastien Gryphe, Lyon 7 - 04.78.69.85.56 - www.trollune.fr.
On est aussi sur Facebook, Twitter, tout ça ^^

jeudi 16 janvier 2014

Coup de Cœur du Libraire - "Le Trône de Fer", de George R.R. Martin


Le Trône de Fer, de George R.R. Martin,
ou en VO : A Game of Thrones, 1er volume de A Song of Ice and Fire

Aujourd'hui, j'étais d'humeur à enfoncer des portes ouvertes, donc j'ai choisi une œuvre best-seller, dont, au demeurant, je suis très très fan :)
Peu de gens dans nos sphères ne connaissent pas encore le Trône de Fer, déjà par l'intermédiaire de la série TV adaptée sur HBO et du jeu de cartes, notamment.
Cela dit, il y a généralement une bonne raison à ce qu'un livre se vende aussi bien, et la plupart du temps (comme ici), c'est parce qu'il est très bon.

Je vais parler ici du 1er volume selon le découpage original de la VO, à savoir donc les 2 premiers volumes du découpage VF, constitué de 'Le Trône de Fer' et 'Le Donjon Rouge'. La version dite 'Intégrale' les recompile en 1 seul volume, et reprend donc tout simplement la tomaison d'origine.

Le Trône de Fer commence ici, une grande saga, encore inachevée, qui nous plonge dans le devenir de Westeros, un pays qui nous rappellera sans doute l'Angleterre médiévale plus que la plupart des contextes 'classiques' de fantasy.
Et ce n'est bien sûr pas un hasard, puisque l'auteur est un passionné d'histoire, et un fan avoué des Rois Maudits de Druon.
Nous allons principalement suivre le devenir, pour commencer, de la famille Stark, des nobles pragmatiques et droits vivant dans le nord du pays, et plus conscients que la plupart des terribles forces qui menacent l'humanité depuis les territoires glacés du grand nord, au-delà du Mur gardé par la Garde de Nuit.
Le chef de la maison, Eddard, a grandi avec l'actuel roi, Robert Baratheon, et ils avaient combattu ensemble des années auparavant pour renverser le règne des Targaryen.
On découvrira vite des secrets sordides qui pourraient plonger le royaume dans le chaos, et la famille Stark est embarquée dans des complications et changements dont elle se passerait bien.
Contrairement aux habitudes de la fantasy, nous sommes ici dans un contexte qui rappelle beaucoup plus notre monde, car même si les pays et peuples sont différents, la seule race présente est l'humanité, et la magie est suffisamment éteinte (ou en tout cas exceptionnelle) pour n'intervenir que rarement dans le récit, et être considérée par la plupart des gens comme relevant des superstitions et légendes. Le lecteur, cela dit, est immédiatement dans la confidence sur son existence bien réelle, puisque la courte introduction du premier tome est de loin l'une des scènes les plus surnaturelles qu'on verra pendant longtemps.

L'écriture (de la VO) est efficace et claire, et nous suivrons rapidement le devenir d'une ribambelle de personnages. On s'attardera régulièrement sur le quotidien et les détails de la vie des uns et des autres, souvent pour subitement basculer dans des scènes plus dures ou en tout cas rythmées, et l'auteur préfère ne pas s'immiscer dans le récit avec des effets de style qu'il juge inutiles.
Hélas, la VF n'a pas fait le choix de respecter le style d'écriture de George R.R. Martin, mais le traducteur a plutôt choisi de 'relever' le niveau de langage, et donner un genre 'médiévalisant' aux dialogues, descriptions, de même qu'à beaucoup de noms propres traduits (sachant que curieusement, tous ne sont d'ailleurs pas traduits). Les lecteurs de la VF prendront garde, également, de comprendre le terme 'loup-garou' (l'emblème de la maison Stark) comme ce qu'il est en anglais (direwolf), à savoir une sorte de loup géant, qui dans Westeros sont natifs des territoires du grand nord. Aucune métamorphose n'est à attendre en ce qui les concerne.
Malgré ces critiques sur la VF, cela n'enlève pas l'incroyable puissance de la fresque quasi-historique dessinée par Martin, et les lecteurs francophones ne s'y trompent pas, à en juger par le succès de l'œuvre. Évidemment, certains lecteurs préfèrent aussi le style donné à la traduction plutôt que celui de l'original.

Bref, en dépit du fait que 2 volumes manquent encore à l'appel (les 6 et 7, donc, en VO), c'est pour moi une saga à lire sans faute, une des pierres angulaires de la fantasy qu'aucun lecteur avoué de ce genre ne devrait manquer d'avoir lu.
Petite mise en garde, cependant : ne vous attachez pas trop aux personnages :)
George R.R. Martin aura plusieurs fois l'occasion de tuer certains d'entre eux, y compris parmi les principaux, et ce sont des scènes très dures aussi pour les lecteurs.

Charles

jeudi 9 janvier 2014

Coup de Cœur du Libraire - Cœur d’Acier de Brandon Sanderson – Les Redresseurs tome 1




Cœur d’Acier de Brandon Sanderson – Les Redresseurs tome 1

Avant-Propos : On avait oublié de vous prévenir mais nous avons fait la trêve des confiseurs sur le blog. Surtout car avec la surcharge de travail des fêtes de fin d’année, nous n’avons pas eu le temps de rédiger une chronique ces dernières semaines.

Pour commencer avec le coup de cœur, voici un petit teaser vidéo sur le livre : http://www.youtube.com/watch?v=6sC9NtpXLH4

Il y a 10 ans le corps céleste appelé Calamité est apparu dans les cieux, et des humains ont obtenu des super-pouvoirs. On les appelle des Epiques, et leur pouvoir, s’il les rend invincibles, les corrompt aussi. Chaque Epique possède une faiblesse mais encore faut-il la trouver.
Il y a 10 ans l’Epique appelé Cœur d’Acier a pris le contrôle de la ville, tuant au passage le père de David. Mais ce jour-là David a vu l’impossible, il a vu Cœur d’Acier saigner et a juré de le revoir saigner.
Il a aujourd’hui 18 ans et a passé toute sa vie à essayer de connaitre les Epiques et leurs faiblesses. Et il désire rejoindre les Redresseurs, un groupe d’humains luttant contre eux et la tyrannie qu’ils ont imposé à l’humanité.
Nous suivrons l’histoire de David et de sa rencontre avec les Redresseurs. Jeune homme de 18 ans n’ayant pas eu d’adolescence dans ce monde sombre, il est parfois maladroit et agaçant dans sa relation avec les autres.

C’est un très bon roman de Brandon Sanderson, et une fois commencé, on n’a pas envie de le lâcher. Pour ma part il m’a fallu un week-end pour le finir en pleine de période de Noël. Le roman est écrit pour un public Young Adult et se lit réellement à tout âge. Comme toujours, l’auteur met en place une façon originale de voir les pouvoirs surnaturels et de leurs conséquences sur la civilisation. Nous sommes dans un univers post-apocalyptique sur les ruines de notre civilisation. J’attends avec impatience la suite de la trilogie.


En bonus un petit avis rapide sur un livre de Noël (prévu en Coup de Cœur au début des fêtes, mais sans jamais trouver le temps de le finaliser) :

Les Lettres du Père Noël de J.R.R. Tolkien

De 1920 à 1943, Tolkien a écrit des lettres à ses enfants en faisant croire qu’elles venaient du père Noël, et parfois de l’Ours Polaire. Dans la version publiée chez Pocket, certaines lettres et dessins sont reproduits, et toutes les lettres ont été traduites.
J’ai trouvé particulièrement intéressant l’évolution et la complexification du récit, au fur et à mesure des années, avec l’ajout de personnages secondaires.

Yannick

lundi 9 décembre 2013

Coup de Cœur du Libraire - "Zoulou Kingdom", de Christophe Lambert



Pas vraiment une nouveauté, mais ce n’est pas grave.

Un sympathique petit roman, étrange fourre-tout d’uchronie (pas mal), de magie (un petit peu), d’Histoire (souvent malmenée, mais ce n’est pas grave) & d’histoires (diverses & variées), le tout saupoudré par une belle galerie de guest-stars d’époque (Victoria, Cesthwayo, Jack l’éventreur, Elephant Man jusqu’à ce pauvre Karl Marx qui n’avait rien demandé à personne).

Nous sommes donc en 1879, la guerre zouloue va commencer en Afrique australe, l’armée d’invasion de l’empire de sa Très Gracieuse Majesté se préparant à démanteler l’ost zoulou. Sauf que l’ost zoulou n’est plus là. Magiquement transportée jusque sur les rives du Kent, il va déferler sur une Londres sans défense. & c’est ainsi que l’ultra-moderne capitale de l’orgueilleuse Europe va être rasée par une horde de sauvages à moitié nus brandissant des sagaies.

Ecrit comme un roman-catastrophe, ce Zoulou kingdom se rapproche d’une Guerre des mondes inversée (la présence du jeune H.G. Wells parmi les protagonistes étant un clin d’œil assumé), rapide, nerveux, dynamique, léger. On ne s’ennuie guère devant les aventures de ces divers londoniens inconscients de la vague qui s’apprête à emporter leur monde.

A lire.

Fabien

vendredi 6 décembre 2013

Japan Touch - 30 nov/1er déc 2013


Le week-end dernier, se tenait à Eurexpo la Japan Touch, un salon consacré, vous l'aurez deviné, à toutes les cultures qui touchent de près ou de loin le Japon.
Donc on y retrouvait de très nombreuses choses, et notamment Trollune qui tenait un gros espace ^^

Nous venons de publier quelques photos sur notre page Facebook :

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10152029453094367.1073741835.29203089366&type=1

Charles

mardi 3 décembre 2013

Coup de Cœur du Libraire - "Libriomancer" et "Codex Born", de Jim C. Hines


          Libriomancer et sa suite, Codex Born, constituent les deux premiers volets d'un cycle en cours d'écriture, intitulé Magic Ex Libris. Il s'agit, une fois n'est pas coutume, de fantasy urbaine, un genre dans lequel il y a du bon, du moins bon, et du franchement mauvais (un peu comme dans tous les genres littéraires, me direz-vous). La fantasy urbaine, c'est une étiquette propre à l'édition en langue anglaise (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie, Irlande, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Canada, etc.), qui s'oppose à la high fantasy : là où Tolkien imagine un univers peuplé de créatures irréelles, la low fantasy ou urban fantasy a pour cadre notre propre monde, de préférence les villes, à l'époque contemporaine, et elle mêle des éléments fantastiques au sordide de nos mégalopoles oppressantes. Quand elle est bien faite, cette fantasy urbaine emprunte les tropes du roman noir pour produire des joyaux comme The Dresden Files (quatorze volumes parus sur une vingtaine programmée) de Jim Butcher (Les Dossiers Dresden en français, cinq volumes traduits chez Bragelonne/ Milady, la suite semble ne pas devoir être adaptée pour le moment) ; quand elle se rate, elle accouche d'atrocités davantage proches du roman érotique avec vampires et loups-garous, évoquant les moments les plus mièvres de la collection Harlequin à la grande époque.
          
           Jim C. Hines (plus connu en France pour sa série Princesses mais pas trop, mettant en scène les héroïnes des contes de fées reconverties en agents secrets) a réussi son pari, puisque les deux premiers romans de son cycle sont très, très difficiles à poser une fois qu'on les a ouverts. Heureusement (malheureusement), les volumes sont assez courts (dans les trois cents ou quatre cents pages chacun). Libriomancer a vu le jour en 2012, tandis que Codex Born a été publié fin 2013. Si la logique suit son cours, 2014 devrait voir la naissance du troisième volet du cycle. Croisons les doigts.
          
          Voilà pour situer le genre de l'œuvre, et le contexte général qu'elle occupe dans la carrière de l'écrivain. Bon. Mais de quoi que ça cause, ne laisserez-vous pas de me demander. Alors, pour situer les choses rapidement, sans révéler trop d'éléments de l'intrigue, nous avons affaire à un héros doublement béni, puisqu'il exerce deux activités, bibliothécaire d'une part, libriomancien, d'autre part. Il s'agit, pour ceux qui ne connaîtraient pas, d'une activité consistant à gérer un ensemble de livres, généralement destinés à être lus ou empruntés (et lus) par le public, la plupart du temps au sein d'une institution. Le libriomancien, quant à lui, est capable d'utiliser sa magie pour extraire des livres les objets qui s'y trouvent décrits, à condition que la forme physique du livre le permette (pas de porte-avion, même un livre grand format ne le permet pas).


          Isaac Vainio appartient à un ordre secret, créé par Gutenberg en même temps que l'imprimerie moderne. Gutenberg, toujours vivant grâce au Graal tiré de la Bible imprimée par ses soins, chapeaute l'organisation. Cet ordre a pour but d'organiser l'activité libriomancienne, en détectant les personnes naturellement douées, exprimant par hasard leur talent à l'occasion de leurs lectures, en recrutant ceux qui sont susceptibles de rejoindre l'ordre, et en veillant à ce que l'humanité ne soit pas menacée par la libriomancie (en verrouillant les ouvrages jugés trop dangereux). Comme souvent en fantasy urbaine, le monde est peuplé d'autres acteurs magiques, vampires et loups-garous, pour ne citer qu'eux. Mais également d'une dryade, Lena Greenwood, petite amie du héros issue d'un gland magique extrait d'un livre puis oublié dans une forêt ; d'une araignée ignée, Smudge, dont l'intelligence animale et la fidélité accompagnent Isaac tout au long de ses aventures ; et d'autres formes de créatures surnaturelles, mais je vous laisse la surprise.

          Le premier roman commence sur les chapeaux de roues, quand des vampires attaquent Isaac, qu'il s'avère que Gutenberg a disparu, et qu'une menace bien plus terrible plane sur le New-Hampshire (et aussi le reste de la planète, mais dans un second temps). L'action reste constante, l'auteur et son héros font preuve d'une créativité sans trêve, et les clins d'œil à d'autres œuvres, relevant notamment des littératures de l'imaginaire, sont nombreux. Les personnages sont attachants et bien construits, l'intrigue cohérente et le suspense toujours présent. Bref, ça ne se pose pas facilement.

          Voilà, j'espère vous avoir donné envie de tenter la lecture de ces deux romans, pas encore traduits, mais disponibles dans votre crèmerie habituelle. J'attends personnellement avec impatience la suite, puisque le deuxième roman se termine en laissant sans réponses de nombreuses questions, et sans résoudre plusieurs intrigues. Mais, bon. C'est le propre des séries, et des bonnes séries, que de nous tenir en haleine, année après année, et mieux vaut un livre en retard qu'un livre bâclé.

Louis

mardi 26 novembre 2013

Coup de Cœur du Libraire - 'Ferrailleurs des Mers' et 'Les Cités Englouties' de Paolo Bacigalupi








            Bien le bonjour, mes amis trollesques. Comme mes coups de coeur les plus récents étaient les mêmes que mes collègues trolls, je n'ai hélas rien à chroniquer… Mais non, ce n'est pas vrai, j'ai toujours des coups de coeur, des livres extraordinaires et fantastiques cachés sous ma manche. Pour cette chronique, on va changer de registre, et je vais vous emmener vers un autre genre : la littérature jeunesse, jeunes adultes. Je vous vois déjà me regarder avec vos gros yeux pleins d'incompréhension et de mépris, mais attendez-donc de lire ma chronique avant d'émettre des hypothèses ; on oublie vite que la littérature jeunesse, jeunes adultes, n'est pas réservée à un public jeune mais peut intéresser les plus grands. Pour ce livre, il va falloir ranger les grosses épées, les bâtons de sorcier, les kits de survie anti-zombies, les capes de super-héros, les “grosse tartes dans ta gueule”, vos vaisseaux intergalactiques de poche sans oublier vos sabres laser et vos abris antiatomiques, comment ça il ne reste plus grand chose ?! Mes amis trolls, je vais vous parler de Ferrailleurs des Mers et des Cités Englouties du magnifique, grandissime Paolo Bacigalupi, auteur de la Fille Automate.

            Le premier tome, Ferrailleurs des Mers, se déroule vers la fin du XXIème siècle, il n'y a plus de pétrole et la mondialisation n'est plus qu'un vague souvenir (en même temps on nous avait prévenus). Les Etats-Unis sont devenus un pays du tiers monde. Nous retrouverons alors Nailer, résident d'un bidonville côtier en Louisiane, avec son père alcoolique, froid et violent. Nailer travaille avec d'autres adolescents et enfants à la recherche de cuivre sur les anciens chalutiers échoués sur les plages. Ceci leur permet d'obtenir de l'argent pour survivre (il faut aussi savoir que dans cette vision du monde, rien ne se fait gratuitement). Leur vie n'a rien de facile, ce n'est pas un conte pour enfants tout beau plein de belle morale, la survie y est difficile et même si des liens d'amitiés se font entre les adolescents, cela reste en partie du chacun pour soi. Tous les adolescents rêvent d'être les prochains Lucky Strike, Lucky Strike étant le plus riche de l'île, car il avait réussi à trouver un réservoir de pétrole sur un bateau durant une excursion pour dénicher du cuivre.
            C'est après une tempête que Nailer va trouver par hasard un bateau échoué sur la côte, mais pas n'importe quel bateau, un conçu avec une technologie moderne. Il découvrira à l'intérieur des produits d'une richesse dont il n'avait jamais été témoin, et une jeune fille, seule survivante du naufrage, mais cependant en très mauvaise posture. Se posera alors un dilemme : partir avec les richesses pour subvenir aux besoins des siens et vivre confortablement tout en décidant d'abandonner cette fille à son triste sort, ou alors lui venir en aide alors qu'elle lui promet richesse et aventure, ce dont il a toujours rêvé.


            Les Cités Englouties se passe toujours en Amérique, cependant on ne suivra plus Nailer mais deux orphelins. Vivant dans les débris et le chaos de la guerre, ils arrivent à survivre tant bien que mal. Tous deux ont été pris sous l'aile d'un docteur et arrivent à échapper à l'enrôlement des enfants dans l'armée. Au cours d'une exploration, ils vont découvrir Tool (un personnage du premier tome), mi-homme mi-bête, un ancien soldat génétiquement modifié. En mauvaise posture, il chercha à fuir les soldats qui sont à sa poursuite. Avec lui, un dilemme va se poser à eux : le sauver, lui qui vient de leur sauver la vie, ou se sauver eux-mêmes ?


            Bacigalupi a réussi à créer un univers et une histoire qui nous passionnent du début jusqu'à la fin. Il nous parle de ces problèmes économiques et sociaux post-pétrole qui ne nous sont pas inconnus, cependant il le fait avec une originalité assez stupéfiante en visant les Etats-Unis, qui pour une fois ne sont pas épargnés miraculeusement et se sont transformés en Bidonville. Comme quoi, pour Bacigalupi, même les grandes puissances n'échappent pas à ce genre de problème et finissent par se faire rattraper. En dehors de son contexte politique, c'est un livre qui nous amène à réfléchir, les personnages se retrouvent souvent dans des situations plutôt délicates ; on est amené à se demander comment nous-mêmes, on pourrait s'en sortir et quelles décisions on prendrait. Les personnages sont attachants par leurs caractères et les problèmes qu'ils vont traverser. Ils sont déjà très mûrs et terre-à-terre pour leur âge, et ça ne fait qu'accentuer le réalisme de la chose. Ici, le manichéisme n'est que peu présent, les personnages, même les héros, ne sont pas tout beaux tout propres, ils ont aussi des défauts et des faiblesses comme n'importe quel être humain qui traverse ce genre d'épreuve.
            Tout ça avec une qualité d'écriture et de traduction bien visible, vous n'avez aucune excuse à vous défiler devant ces livres, qui malgré le public visé peuvent correspondre à n'importe qui et être mis dans les mains de tout le monde. C'est avec un grand plaisir que j'ai découvert ces livres et que je n'hésite pas à les faire partager. Pour les plus hésitants, nous vous proposons à la boutique un petit fascicule gratuit avec les premiers chapitres.

Charlotte

mardi 19 novembre 2013

Coup de Coeur du Libraire - Le Nom du Vent (Patrick Rothfuss)

Le Nom du Vent (Patrick Rothfuss) - Première Journée de la Chronique du Tueur de Roi



Ce gros roman, 1er volume d'une trilogie sur laquelle manque encore pour le moment la 3ème partie, est la première oeuvre de l'auteur.
Un aubergiste reclus et aigre, n'attendant visiblement plus que la mort, raconte sa vie à l'historien qui l'a déniché.
Mais ce n'est pas n'importe qui, cet aubergiste. Caché, incognito, il s'agit du légendaire Kvothe, musicien, arcaniste, aventurier, connu pour ses nombreux exploits, qui sont évoqués dès le début, mais dont nous découvrirons des détails à mesure.
L'histoire racontée est donc essentiellement, à la première personne, Kvothe qui relate ses toutes premières années, souvent tragiques, souvent aventureuses, avec de temps à autres des passages où l'on sort de cette narration, et où l'on devine que les choses ne sont pas si paisibles que cela dans l'époque 'présente'.
Et c'est donc le verbe de Kvothe, drôle et souvent cynique, truculent, poétique et plein de passion, qui nous guide à travers cette riche et fascinante histoire.
L'écriture de Patrick Rothfuss est très prenante, très juste, et révèle une remarquable maestria.
On se prend au fil du récit, et personnellement, je suis arrivé au bout du premier livre avec cette curieuse impression que ça s'était lu tout seul, et clairement sur ma faim d'en lire encore plus.
La bonne nouvelle, quand vous en arriverez là, c'est que le tome 2 est déjà disponible. La mauvaise, c'est que le 3 ne l'est pas encore ^^

Charles